Interview de Mahdi MOKRANE, Président de l'association :

1. Quand l’AREIM a t’elle été créée et quelle est son organisation ?

L’AREIM est l’Association de Recherche et d’Etude en Immobilier. Elle a en réalité connue une double naissance. Tout est initialement parti de l’idée de 5 personnes croyant fortement à l’importance et la place d’une recherche pluridisciplinaire dans tous les domaines de l’immobilier. Les 5 de départ étaient Michel Baroni (ESSEC), Pierre Costi (à l’époque JLL), Christian de Kérangal (à l’époque CBRE Bourdais), Laurent Ternisien (IPD) et moi-même. La première réunion à un groupe élargi a eu lieu le 18 novembre 2002, et nous nous sommes ensuite réunis près d’une vingtaine de fois sur la période de 2002-2005, autour de présentations de chacun des membres. Par la suite, le groupe dans son ensemble a émis le souhait de se structurer et de se constituer en véritable association. Ce fut fait en décembre 2005, et ainsi l’AREIM est née une seconde fois, de manière officielle cette fois, fin 2005.

2. Comment devient-on membre de l’AREIM et quelles sont les conditions d’admission ?

Les statuts de l’AREIM précisent que les membres adhérents doivent être présentés par au moins un membre du Conseil d’Administration et être agréés par ce dernier. Dans tous les cas, l’adhésion se fait sur une base individuelle et non en fonction de l’appartenance à une entreprise ou un organisme. Par principe, les membres doivent être des personnes physiques qui produisent de l’information originale et réfléchie en matière de recherche ou d’études en immobilier et qui la présentent ou la diffusent. Vous voyez c’est relativement large et on le voit bien dans la diversité des métiers et organisations que représentent les membres : investisseurs institutionnels français et internationaux, directeurs d’études d’organismes publics, para-publics ou privés, académiques, conseils en transactions immobilières, analystes financiers, ….

3. Y-a t’il d autres associations de recherche et d étude en immobilier en France ?

A notre connaissance il n'y a pas d’association similaire à l’AREIM en France et c’est précisément pour combler ce vide que le groupe initial s’est constitué et organisé. La France représente un ensemble territorial riche, varié et dynamique et compte de nombreux analystes, chercheurs, responsables d’études dans tous les domaines touchant à l’immobilier (aménagement, promotion, investissement, gestion, ....). C’est bien de cette richesse et de cette diversité dont l’AREIM ambitionne d’être l’écho et d’une certaine façon le représentant. En fait, de telles associations existent déjà en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Allemagne.

4. Quelles sont les missions de l’AREIM ?

Nous avons collectivement longuement réfléchi à la mission à assigner à l’AREIM, et ainsi le but est de :

-Promouvoir la recherche en immobilier en France ;

-Promouvoir les métiers de la recherche liés à l’immobilier et à l’analyse des marchés immobiliers au sens général, ainsi que l’image d’une communauté de professions liées à la recherche et aux études en immobilier en France. L’ambition, à terme, de l’association est de devenir un interlocuteur de référence ayant la capacité de définir et de maintenir des standards de qualité pour cet ensemble de professions.

-Former un lieu d’échanges en ouvrant des forums de discussions organisés et animés par les membres et éventuellement par des personnalités invitées sur des sujets d’intérêt communs.

5. De quels moyens l’AREIM s est elle dotée afin d’atteindre les buts qu’elle s’est fixés ? (budget ? working Groups ?)

Le budget de départ de l’AREIM est modeste (il est basé sur une cotisation de 50€ par membre par an). Cela est volontaire. L’AREIM se veut une organisation évoluant autour de projets d' intérêts identifiés. C’est la raison pour laquelle nous avons immédiatement décidé de nous organiser autour de groupes de travail. Il y en a trois : « Communication, Conférences, et Publications », Site Internet de l’AREIM, et Création d’un prix du « meilleur » mémoire en immobilier. Cette organisation en Groupes de travail a fait ses preuves dans d’autres associations et organisations de mêmes nature. Ainsi, en fonction des objectifs fixés par l’AREIM d’autres groupes vont probablement voir le jour. Cette organisation par thèmes a un autre avantage, celui de permettre à l’AREIM de trouver plus efficacement des aides et financements pour certains projets. Par exemple, il est tout a fait possible pour une institutions privée de décider de soutenir financièrement le groupe chargé de «prix du meilleur mémoire ou thèse professionnelle», un travail éditorial ou une réflexion que l’AREIM entreprendrait sur un thème précis, ou encore un effort de communication en direction des jeunes diplômés pour leur présenter la palette des métiers de la recherche et des études en immobilier.

6. Est-ce que l’AREIM organise une conférence annuelle ou des réunions régulières ?

Pour le moment notre organisation est modeste et compte moins de 60 membres (cela n’est pas mal quand même !). Nous n’en sommes donc pas encore à l’organisation d’une conférence. Cela reflète le fait que les métiers des études et de la recherche en immobilier en France sont encore toujours en cours de développement. Aussi, nous nous rencontrons en moyenne une fois pas mois, et bénéficions à chaque fois d’une ou deux présentations d’une heure de la part de membres de l’AREIM. Les sujets sont très variés et reflètent bien les fondements de l’AREIM et la diversité des membres : le rôle de l’endettement en investissement immobilier, l’emploi tertiaire et de bureaux, le risque en immobilier, les options en immobilier, le développement des fonds fermés en Europe, l'histoire du secteur coté en France et impact du régime SIIC, l’apport d’Immostat, les anticipations de marché en France, la fiscalité immobilière (nature, poids et impact), le réhabilitation des bureaux en IdF, cotation des bureaux et des entrepôts, les partenariats publics-privés, le dynamique des villes en France, réflexions sur l’obsolescence, les résidences médicalisées, la « vraie » structure des baux en France, taille des marchés immobiliers en Europe, l’immobilier dans l’économie française, les modèles d’arbitrage en immobilier, logistique en Europe Centrale…. Le programme du premier semestre 2006 est lui aussi impressionnant avec des sujets aussi variés que : La stratégie de couverture des SIIC, Quels indicateurs pour l’immobilier d’exploitation ?, Une analyse critique du logement, Que donnerait la cotation CIBE appliquée à La Défense ? Quelle feuille de route pour l’immobilier d’investissement ? Les options et l’immobilier, Un indicateur spatio-temporel des prix de bureaux en région parisienne, Peut-on couvrir le risque immobilier ?….